Canicules : de profondes inégalités d’adaptation à la chaleur

Alors que la France a traversé une vague de chaleur exceptionnelle à la fin du mois de mai, une nouvelle étude de L’ObSoCo, menée avec Grand Paris Aménagement auprès de 4 000 Français·es, montre que les canicules révèlent de profondes inégalités d’adaptation. La capacité à supporter les fortes chaleurs dépend de plus en plus du lieu où l’on vit et des moyens à disposition.

Les enjeux climatiques sont de plus en plus présents dans le quotidien des Français·es, comme le souligne une étude de l’ObSoCo parue le 28 mai dernier, dans le cadre de la 5ᵉ vague de l’Observatoire des usages et représentations des territoires de l’ObSoCo Paris. Parmi les inquiétudes qui dominent, l’intensification des épisodes climatiques extrêmes est citée par 47 % des répondants (la diminution des ressources en eau potable et la perte de biodiversité arrivent ensuite pour 46 % et 34 % des personnes interrogées).

Près de la moitié (45 %) déclare avoir observé des changements là où ils vivent sur la qualité de l’air, notamment en matière de pollution et de pollens. Et pour 48 % des sondés, le changement climatique a déjà un impact négatif sur leur pouvoir d’achat, à travers les assurances, l’énergie, les frais de santé ou encore l’alimentation.

L’étude relève une inégalité frappante face au logement, les résidents de petits appartements urbains et les ménages modestes souffrant davantage de l’inconfort thermique. À ce titre, la canicule apparaît comme une « nouvelle fracture résidentielle : selon l’endroit où l’on vit, la qualité thermique du logement et le niveau de revenu, l’exposition au risque n’est pas la même. »

Comment les canicules affectent la population ?

La canicule a des conséquences concrètes et significatives sur la vie quotidienne, touchant à la fois le bien-être physique et mental ainsi que les finances. En effet, les épisodes de fortes chaleurs aggravent les problèmes respiratoires, les allergies et les troubles cardiovasculaires, mais peuvent perturber également l’accès à une alimentation équilibrée.

Ils provoquent du stress, des troubles du sommeil, et altèrent l’humeur et le moral ce qui affecte la santé mentale.

Par ailleurs, 41 % des personnes concernées rapportent un impact sur leur pouvoir d’achat, notamment en raison de l’augmentation des coûts liés à l’énergie pour rafraîchir les logements mais également l’augmentation des dépenses pour les frais de santé ou encore les assurances.

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L’inadaptation des logements en hausse

Selon l’étude, 27 % des Français·es déclarent se sentir mal dans leur logement pendant les canicules. Les foyers les plus modestes sont les plus touchés, de même que celles et ceux vivant en appartement et/ou dans des zones urbaines denses. L’absence d’espace extérieur ou de jardin apparaît comme un facteur de risque supplémentaire d’inadaptation du logement.

Par ailleurs, l’inadaptation semble progresser : la part des Français estimant que leur logement est mal adapté atteint 26 %, soit 5 points de plus qu’en 2023. À l’inverse, la part de ceux qui le jugent adapté recule à 74 %, soit 5 points de moins qu’en 2023.

Mais l’adaptation climatique ne peut pas reposer uniquement sur le logement. L’étude souligne à ce titre qu’elle se joue aussi à l’échelle du quartier : accès à la nature, présence d’espaces verts, îlots de fraîcheur, qualité de l’air, ombrage, proximité des services et capacité à se déplacer sans surexposition à la chaleur.

Les personnes interrogées dans cette étude plébiscitent massivement des solutions d’aménagement urbain axées sur la végétalisation et la gestion naturelle de l’eau pour s’adapter aux canicules. En effet, 81 % du panel jugent important le développement de la nature en ville. Cependant, un décalage apparaît entre ces attentes et la réalité perçue : seuls 43 % des Français indiquent avoir connaissance de tels aménagements dans leur commune ou région, ce qui suggère un besoin de déploiement plus visible et massif sur le terrain.

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