Appareils de santé connectés : peut-on s’y fier ?

Les appareils de santé connectés permettent de mesurer un certain nombre d’indicateurs sur notre santé, tels que notre rythme cardiaque, notre taux d’oxygène, nos performances sportives, notre poids ou encore la qualité de notre sommeil. La DGCCRF met en garde, rappelant que ces objets ne remplacent pas un professionnel de santé et que leur usage peut présenter des risques (abonnement caché, promesses médicales infondées, vol de données personnelles…).

Un appareil connecté se présente sous forme de bracelet ou de bague et selon les modèles, peut recevoir, stocker, traiter et transmettre des données, recevoir et fournir des instructions. Il est possible également d’installer une application sur son smartphone pour le suivi de sa santé.

Dans le domaine du sport, de la nutrition ou du bien-être, des dispositifs ou applications non médicales peuvent offrir des fonctionnalités pour calculer, mesurer et enregistrer des données. Par exemple, certains permettent d’enregistrer les kilomètres parcourus à pied ou en courant et de synchroniser ces données sur un smartphone ou une tablette ; ou encore, des capteurs dédiés au golf ou au tennis peuvent évaluer, décortiquer et optimiser les performances de l’utilisateur.

D’autres outils peuvent surveiller la progression du poids ou le sommeil de l’utilisateur, qu’il suive un régime ou souffre de troubles du sommeil.

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Les risques liés aux usages d’appareils de santé connectés

Toutefois, la DGCCRF (Répression des fraudes) alerte les consommateurs face aux risques que peuvent présenter ces objets connectés. Tout d’abord en raison de leur manque de fiabilité car ces outils sont susceptibles de fournir des données erronées ou entraîner une mauvaise interprétation de l’utilisateur.

Dans ce cas, leur mésusage peut conduire à un retard de prise en charge médicale, voire dans le pire des cas, une mise en danger des patients (par exemple, des personnes diabétiques qui se fient à ces outils pour mesurer leur glycémie sans piqûre, avec des risques d’erreurs de traitement, menant à des hospitalisations, au coma, voire au décès).

Ensuite, les objets connectés ne sont pas à l’abri du piratage et des fuites de données. Or, dans le domaine de la santé, des données dites sensibles pourraient être dévoilées ou exploitées à des fins commerciales.

Par ailleurs, l’accès permanent à des données sur sa propre santé peut être anxiogène, générant des usages compulsifs et une augmentation du stress (comme nous l’évoquions dans un précédent article sur ce sujet). L’arrivée des IA, avec les chatbots conversationnels, peut ouvrir la voie à des conseils inappropriés et engendrer des risques de dégradation de la santé mentale des personnes les plus vulnérables (notamment les adolescents).

Enfin, la DGCCRF pointe les risques financiers et contractuels liés à des pratiques commerciales trompeuses, la souscription à des abonnements cachés ou encore la présence de clauses abusives.

Pour limiter ces risques, la Répression des fraudes rappelle que ces outils ne doivent jamais remplacer l’analyse d’un professionnel de santé, seul capable d’interpréter les données de manière globale. L’organisme recommande d’ailleurs de demander conseil à son médecin avant l’achat ou l’utilisation de ce type d’appareil.

Comment s’assurer de la fiabilité d’un appareil connecté ?

Le marquage CE est un premier indicateur indispensable, qui atteste de la conformité de l’appareil aux règles de sécurité en vigueur. La DGCCRF conseille également de privilégier les appareils arborant le statut de « dispositif médical », requis par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé).

Avant tout achat, il convient de vérifier la fiabilité du vendeur (en passant par des sites reconnus, en consultant les mentions légales et les conditions générales de vente et d’utilisation), la durée pendant laquelle les mises à jour resteront compatibles avec l’appareil mais aussi la politique de protection des données en œuvre.

Pour finir, une attention particulière doit être portée aux allégations qui peuvent se révéler trompeuses (par exemple, les montres ou bagues prétendant mesurer la glycémie sans piqûre – par simple contact avec la peau – ne sont pas jugées fiables à ce jour). En cas de doute ou de problème avec un appareil présenté comme ayant des vertus médicales non prouvées, un signalement peut être effectué sur la plateforme SignalConso

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