Déserts médicaux : 1 patient sur 4 confronté à un refus de RDV

Malgré une satisfaction globale envers les soignants, les patients font face dans les déserts médicaux à une pénurie de médecins et à des délais d’attente de plus en plus longs. Les associations de patients déplorent de multiples obstacles à l’accès aux soins, qui touchent les plus vulnérables.

L’association France Assos santé a publié son baromètre 2026 des droits des personnes malades, dans le cadre de « Soigne tes droits ! », le mois dédié aux droits en santé.

Un poids financier pour les plus précaires

Le document souligne des difficultés d’accès aux soins croissantes, caractérisées par des délais d’attente excessifs, des refus de nouveaux patients et des pénuries de médicaments affectant un quart de la population au cours des douze derniers mois. En outre, la désertification médicale oblige 20 % des patients en difficulté à parcourir des distances trop importantes pour trouver un praticien.

Le baromètre souligne également le poids financier des dépassements d’honoraires, qui touchent particulièrement les personnes souffrant de pathologies chroniques. Ainsi, 43 % des Français y ont été confrontés en 2025, un chiffre qui grimpe à 50 % pour les personnes en affection de longue durée (ALD), dont les soins devraient pourtant être pris en charge à 100 %.

L’impact de ces dépassements est lourd pour les foyers les plus modestes (63 % d’entre eux sont affectés négativement). Pour près de la moitié des personnes concernées, il se traduit par des sacrifices budgétaires, un retard dans les soins ou un renoncement total à se faire soigner.

Le recours aux médecins pratiquant des dépassements (secteur 2) est parfois une nécessité subie pour obtenir une prise en charge rapide. Parmi les Français ayant vécu une expérience négative pour obtenir un rendez-vous, 26 % expliquent avoir dû consulter hors secteur 1 (plus cher) afin d’être reçus dans des délais raisonnables.

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Des patients mal informés sur leurs droits

L’accès aux soins est également entravé par des tensions sur l’approvisionnement en produits de santé : 43 % des patients en ALD et un tiers des femmes enceintes en ont pâti. Et dans 45 % des cas, aucune alternative médicamenteuse n’a pu être proposée, laissant le patient sans solution thérapeutique. Ces pénuries ont un effet direct sur la perception du système de santé, car les patients concernés ont tendance à juger moins favorablement l’efficacité des soins reçus.

Enfin, le rapport fait état de fortes disparités sociales et territoriales : les habitants des outre-mer (DROM), les populations les moins aisées et les personnes malades sont systématiquement les plus impactés par ces dysfonctionnements.

La maladie reste un frein à la vie sociale et économique, puisque 26 % des Français déclarent avoir rencontré des difficultés pour obtenir un crédit immobilier en raison de leur état de santé.

Les populations les plus précaires sont également moins bien informées sur leurs droits. Par exemple, près de 4 Français sur 10 ignorent la possibilité de rédiger des directives anticipées pour leur fin de vie ou d’engager un recours en cas d’accident médical.

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