Les épisodes de canicules à répétition au cours de l’été auront des répercussions sur les rayons des fruits et légumes à moyen et long termes. La grande distribution avertit d’ores et déjà les consommateurs sur une hausse des prix à venir ainsi qu’un nécessaire changement dans les habitudes de consommation.
Les canicules et la sécheresse ont des impacts non négligeables sur la filière agricole qui se traduisent par des étals moins fournis. Certaines denrées se feront plus rares et, de fait, les prix augmenteront, avec un impact évident sur le budget des ménages.
Des prix à la production en hausse de 10 % pour les légumes
Parmi les produits concernés, les salades en sachet par exemple ont vu leur production baisser de 30 % avec des ruptures de stock qui ont pu atteindre jusqu’à 80 % dans certaines enseignes. Les poireaux et les choux connaîtront également des rendements très faibles car certains producteurs ne les ont pas remis en culture en raison des prévisions météo défavorables, ce qui signifie que la pénurie sera durable.
Du côté des pommes de terre, l’Agreste (le service statistique du ministère de l’Agriculture) prévoit une diminution de 22 % des volumes en un an. De même, la production de pommes sera réduite ainsi que celle des poivrons qui accuse une baisse de 30 %. Ces diverses chutes de rendement se répercuteront sur le budget des ménages. En effet, selon l’Agreste, les prix à la production des légumes (hors marges des distributeurs et intermédiaires) ont grimpé de 10,8 % en juillet par rapport à l’an passé. La direction de Coopérative U a estimé une hausse de 13 % en moyenne des prix affichés en rayon.
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Le retour des fruits et légumes moches
Pour pallier le manque d’offre sur les étals, les distributeurs vont se tourner vers les fruits et légumes qui n’entrent pas habituellement dans leurs cahiers des charges. Des denrées hors calibre, trop petites, légèrement abîmées… souvent destinées à être transformées en jus ou en compote par exemple, quand elles ne sont pas simplement écartées (ce qui concerne environ un tiers des fruits et légumes non conformes).
C’est en quelque sorte le retour d’une initiative qui date de 2014, lancée à l’origine par Intermarché via une campagne de communication visant à réduire le gaspillage alimentaire. D’autres enseignes lui ont emboîté le pas par la suite comme Carrefour avec son mouvement « Tous AntiGaspi », suivi de la création du collectif Gueules Cassées® et de son label « Quoi ma gueule ? « . Les fruits et légumes moches étaient vendus en moyenne 30 % moins cher mais l’initiative s’est soldée par un échec à l’époque et les grandes surfaces ne l’ont pas prolongée. Les consommateurs les plus susceptibles d’y adhérer sont ceux qui cultivent eux-mêmes leurs fruits et légumes ou qui sont habitués à la vente directe chez les producteurs ou via les AMAP, et qui donc se détournent généralement des circuits de la grande distribution.
La crise actuelle remet l’idée au goût du jour, bien qu’elle n’ait pas totalement disparue : aujourd’hui, de nombreuses plateformes anti-gaspi permettent de récupérer des invendus ou des produits hors calibre auprès de vendeurs partenaires, ou encore des épiceries spécialisées. D’ailleurs la marque Les gueules cassées existe toujours et fait son grand retour en septembre 2026 à la faveur d’une mobilisation à l’échelle nationale en soutien aux producteurs affectés par les canicules.




