Soja, amande, avoine… quel lait végétal privilégier ?

Les alternatives au lait animal se multiplient dans les rayons et séduisent de plus en plus de consommateurs qui souhaitent végétaliser leur alimentation ou qui ne tolèrent pas le lactose. Mais toutes n’ont pas le même impact environnemental ni les mêmes apports. Quel lait végétal choisir pour avoir des bienfaits et un moindre impact sur l’environnement ?

Le média « Vert » propose une analyse comparative entre le lait animal et les diverses alternatives végétales sous l’angle de l’écologie et de la nutrition.

Si la consommation de lait de vache demeure majoritaire dans les habitudes alimentaires, les Français.es ont tendance à en réduire la consommation au profit des boissons végétales. En effet, entre 2017 et 2023, la vente de laits végétaux a progressé de 14 % tandis que celle de lait de vache a reculé de 8 % selon les données de France AgriMer.

Les jus végétaux sont obtenus par le trempage puis le broyage de graines ou de céréales. Elles présentent un bilan carbone nettement plus favorable que le lait de vache, dont la production génère d’importantes émissions de méthane, mais leur consommation d’eau et leur richesse en protéines varient selon les variétés.

Le lait végétal meilleur pour l’environnement

Côté bilan carbone, les avantages environnementaux penchent largement en faveur des substituts végétaux. La production d’une bouteille de lait de vache émet environ 1,27 kg de CO2e (équivalent dioxyde de carbone), principalement à cause du méthane rejeté lors de la digestion des bovins, un gaz dont le pouvoir de réchauffement est 80 fois supérieur à celui du CO2 sur 20 ans d’après l’ADEME.

L’empreinte carbone varie d’un animal à l’autre et ce sont les laits de brebis puis de chèvre qui génèrent le plus gros impact, devant la vache (2,18 kg CO2e et 1,52 kg CO2e). Une différence liée au fait que ces animaux, plus petits, produisent moins. En comparaison, les boissons végétales se situent entre 0,57 kg CO2e (lait d’avoine) et 0,38 kg CO2e (amande et riz). Le soja présente l’avantage supplémentaire de capter l’azote de l’air pour le stocker dans le sol, ce qui permet de réduire l’utilisation d’engrais azotés de synthèse.

Outre l’empreinte carbone, la consommation d’eau est moindre pour les substituts végétaux. 156 litres d’eau en moyenne sont nécessaires pour 1 litre de lait de vache, et jusqu’à 514 litres pour le lait de chèvre, contre 78,6 litres pour le lait de soja. En revanche, les alternatives ne se valent pas toutes : les laits d’amande ou de riz nécessitent plus d’eau par litre produit que le lait de vache.

Enfin, contrairement à une idée reçue, le soja n’est pas un moteur majeur de déforestation. En réalité, 77 % du soja cultivé mondialement sont destinés à l’alimentation du bétail, et non à la consommation humaine.

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Des bienfaits pour la santé à nuancer

Si les laits animaux et végétaux présentent un intérêt nutritionnel, Benjamin Allès, chercheur en épidémiologie de la nutrition à l’Institut national de recherche pour l’agriculture et l’environnement (Inrae), indique qu’aucun n’est indispensable à notre alimentation.

Par ailleurs, les laits végétaux sont aussi des produits industriels transformés, qui comportent des additifs et sucres ajoutés. Ceux aromatisés à la vanille ou au chocolat sont à considérer – au même titre que les sodas – comme des boissons à consommer de manière occasionnelle, au risque de favoriser sur le long terme le surpoids, l’obésité, le diabète et d’autres maladies cardio-métaboliques. De même, l’ajout d’édulcorants ou d’épaississants (gommes de guar, xanthane) n’est pas dangereux à l’échelle d’un seul produit mais ces substances peuvent poser problème si elles sont accumulées au quotidien.

Suite à cette analyse, le média « Vert » conclut qu’intégrer les laits végétaux à un régime constitué de peu de produits animaux « a des bienfaits sur la santé, seulement si l’on consomme des produits frais et peu transformés ». Quant aux boissons enrichies en calcium et en vitamines, elles sont intéressantes pour couvrir les apports des personnes qui consomment peu de produits laitiers.

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