Alors que le nombre de dossiers de surendettement a bondi de 10 % en 2025 selon la Banque de France, de plus en plus de personnes en situation précaire cèdent aux sirènes des mini-crédits, en particulier les jeunes de moins de 30 ans. Des solutions de paiement faciles qui déstabilisent le budget des emprunteurs.
Le magazine « 60 millions de consommateurs » s’est penché sur les mini-crédits dans son numéro du mois de mai 2026, dénonçant un manque de régulation dans le secteur.
Des mini-crédits instantanés et sans justificatifs
Face à la progression de la pauvreté, du chômage, des problèmes de santé ou encore en raison de séparation ou de l’inflation, de nombreux ménages ont recours à des solutions de prêts de faibles montants pour pallier les fins de mois difficiles.
Les mini-crédits sont des prêts quasi instantanés de plusieurs centaines d’euros, remboursables en quelques mois. Ils peuvent être contractés via une application, sans justificatifs la plupart du temps. Ce type de prêt est proposé par différents acteurs, comme les banques, dont certaines ne les réservent qu’à leurs propres clients. Les sociétés de crédit bien connues comme Cofidis, Cetelem ou Younited occupent également ce marché. Enfin, d’autres organismes tels que Finfrog ou Floa par exemple se sont spécialisés dans les mini-crédits.
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Le grand flou artistique
Le magazine dénonce le vide juridique qui entoure ce type de crédits : les fonds peuvent être transférés instantanément sur le compte du client alors qu’un délai de 7 jours est nécessaire avec un prêt à la consommation classique.
Autre problématique : l’existence de spécialistes dont on ne sait plus exactement s’ils sont des comparateurs de crédits (courtiers ou apporteurs d’affaires) ou bien prêteurs, les deux activités n’étant pas distinguées clairement (Bling, Noelse, Moneybounce, Youdge, Mon crédit express, etc.). Ces acteurs inondent les réseaux sociaux de publicités attractives, vantant des prêts faciles à décrocher sans démarches fastidieuses. D’ailleurs l’absence de vérification fait partie de l’argumentaire marketing…
Autre problème relevé par le magazine, il est parfois difficile de connaître la nature du crédit. S’agit-il d’un prêt personnel amortissable, avec un taux d’intérêt fixe, des échéances et un terme, ou bien d’un crédit permanent à taux variable ? Les deux sont proposés à des taux quasi usuraires (autour de 23 %). Ce manque de transparence peut se révéler nuisible.
Des frais qui s’empilent

Et attention en cas d’impayés ! En effet, certains opérateurs n’hésitent pas à prélever directement la somme rejetée sur la carte bancaire avec laquelle l’emprunteur a effectué une empreinte de carte… Des pénalités sont également à prévoir à hauteur de 8 %, voire des frais administratifs pouvant atteindre 20 € par dossier, auxquels s’ajoutent les frais de rejet de prélèvement. Une cascade de frais qui, cumulés, peuvent aggraver les difficultés financières de l’emprunteur fragile.
Toutefois, l’entrée en vigueur le 26 novembre prochain de nouvelles mesures issues de la directive européenne sur le crédit devrait réguler le secteur. Les établissements financiers seront dans l’obligation de proposer des mesures de renégociation de la dette aux personnes qui ne s’en sortent pas avec leurs crédits. D’ailleurs, ils devront orienter gratuitement ces emprunteurs vers les services de conseils aux personnes endettées. La publicité sera davantage régulée, avec l’interdiction de mettre en avant la facilité d’obtention ainsi que l’obligation d’indiquer la mention « Attention, un crédit coûte de l’argent et doit être remboursé ».
Pour Olivier Gayraud, juriste à la CLCV, ces mesures sont une bonne nouvelle : « les prêteurs donnent trop facilement accès au crédit, explique-t-il à « 60 », on peut empiler les mini-crédits et les paiements fractionnés, et se mettre ainsi dans une situation très compliquée, en passant sous les radars ».




