Le coliving est un logement partagé dans lequel chaque résident dispose d’un espace privatif tandis que d’autres espaces sont communs. Des professionnels se sont immiscés dans ce secteur mais des abus ont été constatés.
Dans le cadre de la surveillance régulière du marché de l’immobilier, la DGCCRF a enquêté en 2025 sur les pratiques commerciales du secteur du coliving. Alors que le marché de l’immobilier est particulièrement tendu, notamment dans les grandes villes, ce type d’hébergement offre l’avantage de disposer d’un espace privé (souvent une chambre avec une salle de bain), dans un espace partagé avec des installations prévues pour faciliter le quotidien et la cohabitation. L’enquête de la DGCCRF a porté sur une quinzaine de professionnels et révélé que la moitié des établissements étaient en anomalie.
Coliving ou colocation : quelles différences ?
La définition du coliving s’apparente à la colocation, avec quelques différences notables toutefois. Dans le cas du coliving, des prestations et services peuvent être inclus ou proposés en option (tels que la connexion Internet, des prestations de ménage, l’entretien et l’accès à une salle de sport, des événements communautaires, etc.).
Ce type d’hébergement séduit principalement les jeunes urbains, les freelances, les salariés en mobilité ou encore les expatriés.
La colocation de son côté consiste à louer un même logement à plusieurs personnes qui partagent certaines pièces communes, comme la cuisine, le séjour ou la salle de bain. Les occupants sont généralement des étudiants, bien que la colocation attire désormais aussi les seniors, les familles monoparentales ou encore les jeunes salariés. Contrairement au coliving, aucun service n’est inclus. Souvent, les colocataires doivent souscrire eux-mêmes leurs contrats d’énergie, d’Internet ou encore leur assurance habitation.
D’autres nuances portent sur la durée de location ou le budget alloué (la colocation est meilleure marché que le coliving). Sur le plan juridique, les deux pratiques se distinguent également : dans les résidences en coliving, les résidents signent un bail individuel avec des prestations incluses tandis que dans la colocation, les contrats peuvent prévoir une clause de solidarité.
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De nombreuses anomalies
Dans son enquête auprès des professionnels offrant des prestations de coliving, la DGCCRF a relevé de nombreux manquements, principalement sur la transparence des prix, l’obligation d’affichage du DPE (diagnostic de performance énergétique) ou encore la médiation. Les agents ont constaté en outre des pratiques commerciales trompeuses comme des services mentionnés sur le site internet mais inexistants ou indisponibles en réalité.
Des règles strictes
La DGCCRF rappelle les règles inhérentes au coliving, à savoir que le logement constitue la résidence principale du consommateur dès lors qu’il l’occupe plus de 8 mois dans l’année : « Le contrat doit alors obligatoirement respecter la forme et le fond d’un bail d’habitation classique (soumis à la loi du 6 juillet 1989) et les niveaux de loyers pour ces baux ne peuvent dépasser l’encadrement applicable dans les zones concernées. »
Si la location est inférieure à 8 mois et contractée à distance, l’information précontractuelle doit inclure notamment :
– le montant des frais de dossier,
– la description précise du bien loué,
– les caractéristiques essentielles du bail et la mention du droit de rétractation (avec fourniture du formulaire adéquat).
Face au flou entretenu dans l’esprit des consommateurs, la DGCCRF indique maintenir sa mobilisation afin d’éviter « le développement de pratiques préjudiciables ».




