Nouilles instantanées : gare au cocktail d’additifs !

Faciles et rapides à préparer tout en étant très bon marché, les nouilles instantanées (ou noodles) rencontrent un beau succès auprès des consommateurs. Pourtant, le produit est dit ultra-transformé, bourré d’additifs, à consommer avec modération…

La magazine 60 millions de consommateurs publie une enquête sur les soupes de nouilles asiatiques instantanées, conditionnées en sachets ou en bols multicolores. De nombreuses marques se partagent des étals entiers dans les supermarchés : Yum Yum, Nissin, Wai Wai, Buldak, Apollo, Banzaï Noodle, Daisuki, mais aussi Maggi. Même les enseignes de grande distribution ont désormais leurs propres références.

Selon le magazine, nous en avons consommé 160 millions de portions en 2025 (contre 115 millions en 2023). Un succès grandissant pour ces noodles, peu chères et prêtes en quelques minutes avec de l’eau chaude, assaisonnées d’une poudre épicée dont la composition laisse souvent à désirer.

Origine des nouilles instantanées

Initialement, les nouilles instantanées ont été inventées en 1958 par un Japonais pour tenter de pallier la crise alimentaire en période d’après-guerre. Aujourd’hui, la France se place au 36e rang des pays consommateurs de ces produits dans le monde, soit, parmi les pays européens, derrière l’Allemagne (25e) et la Pologne (28e), mais assez loin devant l’Espagne, l’Italie et la Belgique.

Une multitude de saveurs est proposée et les marques surfent sur le succès des mangas et de la K-pop (groupes musicaux originaires de Corée du sud) pour proposer des produits plus ou moins épicés, qui se consomment entre amis.

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Trop d’additifs

Mais derrière le discours marketing bien rôdé, la liste des ingrédients semble interminable avec, notamment, de l’huile de palme, indispensable pour éviter que les pâtes ne collent entre elles. Elles contiennent également beaucoup de sel et parfois du sucre, mais aussi des régulateurs d’acidité, des épaississants, des émulsifiants ou encore des colorants. Nous sommes loin d’un plat de pâtes maison…

Pour obtenir la saveur umami*, les fabricants utilisent presque toujours des exhausteurs de goût comme le glutamate monosodique (E621) ou le 5’-ribonucléotide disodique (E635). On peut dénombrer jusqu’à onze additifs, dont la carboxyméthylcellulose (E466), soupçonnée de favoriser des maladies inflammatoires de l’intestin, ou la gomme xanthane (E415), qu’une étude Inserm de 2024 associe à un risque accru de diabète de type 2.

Zéro sur le plan nutritionnel

Outre ce cocktail d’additifs, les nouilles instantanées n’apportent rien sur le plan nutritionnel : peu de protéines et presque pas de fibres. La teneur en sel d’une seule portion (soit 3 à 4g) frôle les recommandations journalières de l’OMS, fixées à 5g pour un adulte. Chez les personnes hypertendues ou cardiaques, cette charge favorise l’hypertension. Une étude coréenne a aussi relié une consommation supérieure à deux bols par semaine à une hausse de 68 % du syndrome métabolique chez les femmes.

Ces produits sont donc à consommer de manière épisodique, sans jamais remplacer des aliments bruts.

*L’umami signifie en japonais « savoureux » ou « délicieux » et est considéré comme le 5e goût après le salé, le sucré, l’acide et l’amer.

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