L’Observatoire des médias sur l’écologie a recensé tous les cas de mésinformation climatique entre janvier et juin 2026 dans les programmes d’information de 18 médias audiovisuels. Les résultats révèlent une forte propension aux propos fallacieux.
L’Observatoire des médias sur l’écologie a publié son bilan semestriel sur la couverture médiatique de l’environnement, révélant 452 cas de mésinformation climatique en six mois. Il s’agit de séquences, à la télé et à la radio, durant lesquelles une contre-vérité sur le climat est prononcée à l’antenne sans être corrigée par un journaliste dans les deux minutes qui suivent. Des cas en augmentation de 28 % par rapport à la même période en 2025.
Les canicules traitées comme des faits divers
La tendance est particulièrement forte durant les événements climatiques extrêmes, comme les épisodes de canicules cet été qui ont été parfois relativisés et traités comme de simples faits divers. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en particulier à cause du blocage du détroit d’Ormuz en mars, ont contribué également à une « polarisation de plus en plus forte autour des questions environnementales » selon la secrétaire générale de Quota Climat, Eva Morel.
Elle ajoute par ailleurs que la crise climatique est de plus en plus instrumentalisée par certains acteurs politiques qui se positionnent sur les questions environnementales à coups d’arguments infondés ou mensongers.
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Le traitement médiatique des canicules a révélé en outre une attention portée davantage sur les solutions immédiates et individuelles (climatisation, ventilateurs, ombre, hydratation…) plutôt que sur des changements structurels (isolation, rénovations thermiques, agroforesterie, végétalisation…).
« Parler de climatisation acte le débat sur l’adaptation, ce qui n’est pas mauvais en soi. Mais ça masque la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre et ça ne permet pas de confronter les dirigeants à leurs responsabilités », estime Eva Morel.
Vigilance accrue à l’approche des présidentielles
La période entre janvier et mars, qui correspondait à la campagne des municipales, a vu les sujets liés à l’environnement chuter de 24 %. Les périodes électorales constituent pourtant des temps démocratiques forts pour porter des solutions et en débattre.
À quelques mois de l’élection présidentielle, l’Observatoire redoute que le phénomène se reproduise. Quota Climat espère que les médias tireront les leçons de cet été, en renforçant leur vigilance face à la mésinformation et en interrogeant davantage les candidat·es sur les causes du dérèglement climatique et sur leurs propositions pour y répondre.




