Depuis deux ans, Meta (société mère de Facebook) et la marque Ray-Ban commercialisent des lunettes connectées, dotées de fonctionnalités utilisant l’IA. Elles permettent notamment de photographier et filmer des personnes, souvent à leur insu, sous couvert de plaisanterie (appelée « prank » en ligne), mais une telle pratique présente des risques en termes de droit à l’image.
Des lunettes connectées qui mettent en péril la vie privée
Les lunettes connectées Meta/Ray-Ban sont équipées de deux petites caméras, dissimulées sur les côtés de la monture. Elles permettent d’obtenir un itinéraire par simple commande vocale mais aussi de filmer ou de prendre des photos, grâce à l’intelligence artificielle intégrée. Lorsqu’elles filment, une petite LED s’allume sur la monture, rendant l’opération visible. Cependant, certains utilisateurs parviennent à désactiver la diode, ce qui leur permet d’enregistrer sans que les personnes ne s’en rendent compte.
Plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux et dévoilent que des gens ont été piégés par ces caméras cachées et filmés à leur insu. Or certains se trouvaient sur leur lieu de travail, comme une vendeuse de l’enseigne Sephora, qui dit s’être sentie « mise en danger ».

Maître Blondieau, avocat spécialiste du droit à l’image, explique au HuffPost comment réagir si l’on s’en aperçoit : « Il faut s’adresser à la personne qui filme et lui rappeler qu’elle ne peut pas diffuser votre image sans votre consentement et essayer de savoir ce qu’elle compte faire de votre image ».
En outre, il rappelle qu’en France, publier l’image d’une personne sans son consentement (quel que soit le mode d’enregistrement) est interdit par la loi et constitutif d’une infraction pénale, punie de 45 000 euros d’amende et d’un an d’emprisonnement.
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Bientôt la reconnaissance faciale ?
Ces vidéos ne seront bientôt plus le seul problème posé par ces nouveaux appareils connectés car selon une enquête du New York Times, Meta prévoit d’ajouter la reconnaissance faciale à ses lunettes. Ce qui permettrait à la personne qui les porte d’identifier quelqu’un croisé dans la rue en accédant à certaines informations publiques, comme ses profils sur les réseaux sociaux.
Mais pour l’instant, cette technologie est strictement encadrée et interdite dans l’espace public européen par l’AI Act.
Meta compte sur l’acceptation sociale
Les lunettes connectées ne sont pas un sujet nouveau ; Google avait tenté la commercialisation des Google Glasses en 2013 mais les ventes ont été suspendues dès 2015 et leur développement totalement stoppé en 2023, notamment en raison de leur utilisation dans l’espace public.
Un mémo interne de Meta datant de 2025 mentionne l’importance d’un « contexte politique favorable », pour que l’opinion publique ne se mobilise pas contre la mise sur le marché d’un tel produit. L’entreprise estime « qu’une période politique troublée constituerait un moment propice » pour le lancement d’une telle fonctionnalité de reconnaissance faciale. Une déclaration qui pousse plus que jamais les consommateurs et citoyens à la vigilance…




