Deliveroo, Uber eats… les dessous de la livraison de repas

Les services de livraison de repas à domicile sont de plus en plus répandus : la moitié des Français y ont déjà eu recours ; Deliveroo et Uber eats ont un quasi-monopole, tandis que des initiatives locales tentent de se faire une place.

L’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (ARPE) publie chaque année une analyse des indicateurs d’activité publiés par les plateformes de mise en relation. En 2025, l’organisme s’est penché plus spécifiquement sur le secteur de la livraison, en analysant les quatre plateformes Delicity, Deliveroo, Stuart et Uber Eats. L’étude se concentre sur des indicateurs clés tels que le revenu par prestation, la durée des courses et le temps d’attente. Le rapport révèle une baisse généralisée des revenus horaires, accentuée par une inflation croissante et un allongement du temps de travail par livraison.

Grosse pression sur les livreurs

En France, Deliveroo et Uber eats sont leader sur le marché. En cause notamment, la difficulté pour d’autres prestataires de s’implanter, les Français ayant tendance à rester fidèles à une seule application.

La pression sur les livreurs ne cesse de croître et les revendications de ces derniers ne sont toujours pas entendues. Ils restent coincés dans un statut d’auto-entrepreneurs, malgré les diverses condamnations des plateformes (300 millions d’euros de redressement Urssaf pour Deliveroo et l’obligation de requalifier les livreurs en salariés en CDI).

Des conditions dégradées dont pâtissent également les clients : des commandes qui n’arrivent pas, des livreurs qui ne montent plus dans les étages pour gagner du temps… Mais l’un des écueils de ces plateformes est l’hygiène, apprend-t-on dans le dernier numéro de 60 millions de consommateurs. Le magazine relaie en effet le témoignage d’un livreur, porte-parole de la profession sur les réseaux sociaux, qui explique que « les sacs sont posés n’importe où et [que] les livreurs n’ont pas de sanitaires en cas de besoin », recommandant au passage aux clients de jeter le sachet et de bien se laver les mains…

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Le vélo comme argument écolo

Les plateformes se servent allégrement de l’argument de la livraison à vélo pour faire valoir des engagements en faveur de l’environnement. Pourtant, en parallèle, certains livreurs utilisent des scooters pour aller encore plus vite, tout en se déclarant à vélo. Une information que les plateformes peuvent connaître (grâce au traçage GPS), mais qu’elles ignorent.

De nombreux restaurateurs recourent à ces plateformes en complément de leur activité, malgré la commission de 25 à 35 % qu’ils règlent. Certains augmentent un peu leur prix de quelques centimes en conséquence. À cela s’ajoutent les tarifs de livraison qui oscillent de 2 à 6 € la course ainsi que des frais de service (dont les contours sont assez opaques, les plateformes arguant des « frais de fonctionnement »). Au final, la note s’alourdie considérablement…

Si le recours au « click and collect », permettant de récupérer sa commande directement au restaurant, permet de faire quelques économies, ce n’est pas toujours possible quand les plats proviennent de dark kitchen, ces « restaurants fantômes » où les repas ne sont préparés que pour la livraison.

Des alternatives à Deliveroo et Uber eats

Pour échapper au monopole de ces mastodontes qui exploitent les livreurs tout en percevant des frais multiples, il existe des alternatives locales, souvent sous forme de coopératives de livreurs (Delicity, Lille Coopcycle, Naofood ou encore Frères toque). La plupart n’applique pas de frais de service, ou alors des frais fixes et réduits. Les employés bénéficient d’une meilleure rémunération (jusqu’à 40 % supérieure) et des primes à la pénibilité. Certaines excluent les enseignes de fast-food au profit de restaurants locaux et majoritairement indépendants. De quoi nous réconcilier avec la livraison de repas à domicile !

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