Écorecharges : économiques mais peu pratiques

Le magazine 60 millions de consommateurs a enquêté sur les écorecharges de gels douche, shampoings et autres savons pour les mains, de plus en plus présentes dans les rayons mais qui ne s’avèrent pas toujours pratiques.

Les écorecharges se multiplient, tant dans les grandes surfaces que dans les parfumeries et permettent de faire des économies tout en limitant les déchets. En effet, les produits sont conditionnés dans des emballages contenant moins de plastiques ; c’est d’ailleurs l’un des principaux arguments marketing des marques pour convaincre les consommateurs. Ainsi, les mentions « xx % de plastique en moins » sont mises en évidence sur les contenants.

Les écorecharges sont également moins onéreuses que les produits rechargeables, mais le magazine souligne qu’il s’agit là d’un choix marketing car les recharges ne coûtent pas moins cher à fabriquer. En réalité, les marques sont contraintes par la loi « Anti-gaspillage pour une économie circulaire » (Agec) fixant un objectif de 10 % d’emballages réemployés en 2027, objectif dont l’atteinte passe par la vente de recharges. Or les études montrent que l’une des principales motivations des consommateurs pour acheter ces contenants est le gain de pouvoir d’achat – l’économie financière attendue étant estimée entre 10 et 20 %.

Un bénéfice écologique insuffisant des écorecharges

Le gain en termes d’impact environnemental est aussi une autre motivation pour recourir à ces recharges mais difficile de l’évaluer réellement. Les calculs effectués sont opaques, réalisés par le fabricant lui-même, et la plupart des poches souples sont composées de plusieurs matériaux (bouchon, poche multicouche…), qui rendent le recyclage complexe, voire impossible.

« Sans matériaux recyclables, ni contenu PCR [recyclé post-consommation, NDLR], on risque de remplacer un problème de déchets par un autre », prévient le cabinet d’études Euromonitor pour L’Observatoire des Cosmétiques (CosmeticObs).

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Des différences de formats

Les écorecharges rencontrent d’autres écueils, comme un format différent du produit initial. Bien souvent, en supermarché, les recharges ont de plus grandes contenances que le produit en rayon, ce qui implique de les stocker mais aussi de payer un peu plus cher. Côté parfumerie, les formats se multiplient : certains parfums existent au format 100 ml, 75 ml ou 35 ml, mais seul un format d’écorecharge est disponible, ce qui peut entraîner des erreurs au moment de l’achat. Le magazine pointe également la difficulté de trouver la bonne référence, car bien souvent, la recharge est présente sans le contenant initial.

Le développement du vrac

L’offre en vrac, quant à elle, se développe bien, surtout dans les magasins bio spécialisés. Une offre qui permet tout simplement de se passer de l’emballage et donc de la recharge ; les consommateurs peuvent utiliser leurs propres contenants (bidons de lessive, flacons de gel douche ou shampoing, etc.)

Le magazine « 60 millions de consommateurs » milite pour des recharges 100 % recyclables, des rayons mieux organisés, dans lesquels les produits et leurs recharges sont exposés côte à côte, ainsi que pour des prix plus incitatifs.

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