L’Indecosa-CGT dénonce les abus de l’industrie funéraire

En France, près de 700 000 personnes décèdent chaque année et le marché du funéraire ne pèse pas moins de 3 milliards d’euros. L’Indecosa-CGT dénonce le monopole de grands groupes funéraires qui influencent tout le secteur, allant jusqu’à bloquer des projets de loi en faveur de plus de transparence… Quelles sont leurs pratiques et comment y résister ? Existe-t-il des alternatives ? 

Dans le dossier de son bulletin d’information de janvier 2026, l’Indecosa-CGT dénonce les abus et la marchandisation dans le secteur des pompes funèbres en France.  

Selon la Fédération française des pompes funèbres (FFPF), le marché du deuil pèse 3 milliards d’euros par an. Or l’Indecosa-CGT pointe un quasi-monopole des acteurs qui ne favorise ni la transparence ni la concurrence. En effet les groupes dominants OGF (PFG, Roblot, Dignité funéraire…) ainsi que Funecap (Roc Eclerc, France obsèques, Rebillon…) représentent un tiers du marché et influencent l’ensemble du secteur. 

Les abus dans l’industrie funéraire 

Parmi les abus constatés, l’exploitation de la vulnérabilité émotionnelle des familles en période de deuil, souvent en imposant des frais excessifs. Face à l’urgence administrative et le manque d’information, les familles se retrouvent piégées par des frais cachés et des services non nécessaires, comme des cercueils haut de gamme. En effet, certains cercueils peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros alors que la loi Sueur de 1993 prévoit un modèle réglementaire à 400 €. Par ailleurs, la DGCCRF signale régulièrement des anomalies dans les devis : dans un rapport de 2020, 68 % des entreprises présentaient des informations incomplètes ou trompeuses. Des pratiques illégales persistent également, comme le démarchage dans les hôpitaux, malgré l’interdiction. Mais les contrôles sont rares : seul un établissement sur dix est inspecté chaque année.  

Outre le fait de profiter du chagrin des proches pour imposer certaines prestations, l’Indecosa-CGT souligne un autre abus, celui de l’instrumentalisation du rituel. Ainsi, le rite de passage que constitue le décès est transformé en produit commercial et les entreprises jouent sur la culpabilité des familles pour vendre des services jugés « dignes » ou « respectueux ».  

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Comment éviter les pièges ? 

Après un décès, les familles doivent se procurer en premier lieu un certificat de décès établi par un médecin, puis effectuer une déclaration en mairie et bloquer les comptes en banque. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’elles doivent choisir une entreprise de pompes funèbres, sans obligation de passer par un prestataire spécifique. 

L’établissement de plusieurs devis est nécessaire afin de comparer les prestations et de sécuriser toute transaction payante (transfert de corps, soins de conservation, etc.). À noter que les seules prestations obligatoires sont : la housse mortuaire en cas de transport avant mise en bière, le cercueil avec quatre poignées (à l’exclusion de ses accessoires intérieurs et extérieurs), la plaque d’identité ainsi que l’opération d’inhumation ou de crémation, avec le cendrier cinéraire. Tout le reste est facultatif. 

En outre, les devis sont normalisés : ils doivent faire apparaître les produits et les prestations sous 9 rubriques, dont une est dédiée spécifiquement aux frais avancés pour le compte de la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles. Les prestations obligatoires et celles qui sont facultatives doivent figurer respectivement dans 2 colonnes distinctes. 

Les familles peuvent régler un acompte de 20 à 50 % et le solde par le biais de la succession, ce qui leur permet de mieux gérer les coûts. 

Enfin, il est recommandé qu’un seul interlocuteur par famille se charge des démarches afin de faciliter tout recours auprès du médiateur de la consommation en cas de litige.  

Les alternatives 

Des coopératives de pompes funèbres émergent depuis 2019, offrant des services transparents et solidaires, bien qu’elles soient encore peu nombreuses. Dans le Grand Est, il en existe quelques-unes telles que Akene à Strasbourg ou la Batelière à Nancy.  

Il est également possible de recourir à des funérailles écologiques, bien que la réglementation française demeure stricte sur ce sujet, plus attachée au modèle funéraire traditionnel que d’autres pays dans le monde. Depuis 2022, quelques communes expérimentent les forêts cinéraires (ou forêts sanctuaires, des bois dédiés à la dispersion des cendres), notamment en Alsace.  

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